Denis Placin Architecte DPLG

L’emprise au sol est une notion fondamentale du droit de l’urbanisme français, définie à l’article R.420-1 du Code de l’urbanisme. Elle constitue, avec la surface de plancher, l’un des deux critères déterminants pour identifier le type d’autorisation d’urbanisme applicable à un projet.

DÉFINITION

Une projection verticale du volume bâti

L’emprise au sol est définie par l’article R.420-1 du Code de l’urbanisme comme la projection verticale du volume de la construction, tous débords et surplombs inclus. On peut l’imaginer comme l’ombre portée au sol lorsque le soleil est à la verticale de la construction.

Contrairement à la surface de plancher, l’emprise au sol ne se mesure pas depuis le nu intérieur des façades — elle intègre l’épaisseur des murs, les balcons, les loggias, les coursives et tout prolongement extérieur des niveaux de la construction.

COMMENT SE CALCULE-T-ELLE ?

Ce qui entre dans l’emprise au sol

L’emprise au sol intègre notamment :

  • L’épaisseur des murs extérieurs
  • Les balcons, loggias et coursives
  • Les auvents et casquettes soutenus par des poteaux
  • Les garages et stationnements clos et couverts
  • Les vérandas (chauffées ou non)
  • Les constructions non closes (hangars, abris, préaux)
  • Les toitures-terrasses et terrasses surélevées à plus de 60 cm du sol naturel
  • Les piscines et leur pourtour couvert selon la définition nationale — le règlement du PLU peut en disposer autrement **

Ce qui est exclu

  • Les éléments de modénature et les marquises
  • Les débords de toiture non soutenus par des poteaux ou encorbellements selon la définition nationale (art. R.420-1) — le règlement de votre PLU peut en disposer autrement
  • Les terrasses de plain-pied sur terrain plat — sur terrain en pente, une terrasse portée sur poteaux ou mur crée une projection verticale et constitue de l’emprise au sol
  • Les stationnements extérieurs non couverts
  • Les constructions totalement enterrées dont la partie supérieure affleure le niveau du sol naturel sans le dépasser significativement

TABLEAU RÉCAPITULATIF — EMPRISE AU SOL PAR TYPE D’ESPACE

Élément ES
Principe général
Surface de plancher de hauteur ≤1,80m OUI
Épaisseur des murs extérieurs OUI
Vides et trémies d’escaliers et ascenseurs OUI
Marches et paliers intermédiaires d’escaliers OUI
Rampes d’accès intérieures OUI
Gaines et conduits de cheminées (h ≤1,80m) OUI
Surface des cloisons OUI
Surface des placards et foyers de cheminée OUI
Surface de placard avec cumulus à h ≤1,80m OUI
Niveaux habitables
Local technique chauffé OUI
Local technique non chauffé OUI
Cellier chauffé OUI
Cellier non chauffé OUI
Véranda chauffée OUI
Véranda non chauffée OUI
Sous-sol
Sous-sol non aménageable (h ≤1,80m) NON *
Sous-sol non aménageable (h >1,80m) NON *
Sous-sol aménageable et non aménagé (h >1,80m) NON *
Sous-sol aménagé (h >1,80m) NON *
Cave NON *
Local technique en sous-sol (h >1,80m) NON *
Garage
Stationnement clos et couvert (garage) OUI
Stationnement non clos (carport, pergola) OUI
Stationnement extérieur non couvert NON
Construction non close
Auvent / casquette sans poteaux NON **
Auvent / casquette avec poteaux OUI
Construction non close (hangar, abri, préau…) OUI
Loggia, balcon OUI
Toiture-terrasse OUI
Débords de toiture et modénatures NON ***
Terrasse surélevée ≥60cm OUI
Terrasse de plain-pied NON
Piscines
Bassin sans couverture OUI ****
Bassin avec couverture h ≤1,80m OUI ****
Bassin avec couverture h >1,80m OUI ****
Pourtour bassin avec couverture h >1,80m OUI ****

À QUOI SERT-ELLE ?

Seuils d’autorisation d’urbanisme

  • Moins de 5 m² — aucune formalité requise (art. R421-2)
  • Entre 5 m² et 20 m² — déclaration préalable (art. R421-9)
  • Plus de 20 m² — permis de construire (art. R421-14) hors zone urbaine PLU
  • En zone urbaine PLU — déclaration préalable jusqu’à 40 m², permis de construire au-delà (art. R421-14 b)

L’emprise au sol sert également à vérifier le respect des règles du PLU (coefficient d’emprise au sol, espaces libres de construction).

Deux définitions coexistent

La définition de l’article R.420-1 ne vaut que pour le droit des sols (franchissement des seuils, recours à l’architecte). Le règlement de votre PLU peut retenir une définition différente pour l’application de ses propres règles de fond — les deux notions ne coïncident pas nécessairement.

À lire également : La surface de plancher : définition, calcul et déductions

* Un sous-sol totalement enterré ne crée pas d’emprise au sol. Dès qu’un niveau est partiellement émergé, la surface émergée constitue de l’emprise au sol.

** Selon R.420-1, les auvents et casquettes non soutenus ne créent pas d’emprise au sol. Certains PLU peuvent intégrer ces éléments dans leur propre définition. Vérifier le PLU applicable.

*** Les débords de toiture sont exclus par R.420-1 lorsqu’ils ne sont pas soutenus par des poteaux ou encorbellements. Toutefois de nombreux PLU les intègrent dans leur propre définition. Vérifier le PLU applicable.

**** Selon R.420-1, tout bassin constitue de l’emprise au sol, couvert ou non. Certains PLU exemptent les bassins ou fixent un seuil de surface. Vérifier le PLU applicable.

Source : Article R.420-1 du Code de l’urbanisme — Légifrance

Denis Placin — Architecte DPLG